De passage à Marseille, Vincent Gaullier est venu parler de Peau d’Âme, de Pierre Oscar Lévy et Olivier Weller. Le documentaire, en lice dans la catégorie du meilleur long- métrage, met en scène l’archéologue Olivier Weller, qui part sur les traces de Jacques Demy, réalisateur du film Peau d’âne, sorti en 1970. Le producteur était présent au cinéma Les Variétés à l’occasion de la soirée d’ouverture de la dixième édition des RISC.

Vincent, qu’est-ce qui vous a donné envie de produire Peau d’Âme ?

C’est à la fois la magie d’une rencontre et la magie d’une histoire. La rencontre, c’est celle avec Olivier Weller, l’archéologue et personnage principal du film, qui est un vieux camarade, et qui pendant toute une soirée a tourné autour du pot pour, au final, me dire qu’il allait faire des fouilles là où Jacque Demy a tourné, et me demander si ça pouvait faire l’objet d’un film documentaire. Donc c’est cette magie-là, d’avoir un ami timide, alors que ça fait trente ans que je le connais.

Sur la magie de l’histoire, du sujet, ça suffit à convaincre, avant même que lui m’ait donné ses intentions de chercheur, de spectateur ou d’être humain. Tout de suite, ça ouvre des fenêtres sur tout un tas d’enjeux et d’histoires. La discussion aura duré deux heures. Et un mois plus tard, je lui ai fait rencontrer Pierre Oscar Levy, le réalisateur. Tout ça s’est concrétisé, dans l’idée, assez rapidement.

Au niveau du timing, comment s’est faite la production ?

La mise en production de cette œuvre-là est atypique par rapport à tout un tas de projets financés. Quand Olivier Weller m’a proposé cette idée-là, il a fallu monter un dossier de financement. Ce qui prend trop de temps par rapport à une fouille qui, finalement, est programmée plusieurs mois après notre rencontre. Donc on n’a pas le temps d’attendre d’avoir les financements nécessaires, et on commence à tourner. Le documentaire permet ça. Surtout pour une société de production comme la notre, basée à Paris. Après, il y a tout le processus du financement. D’abord, proposer un documentaire à des chaînes de télévision. Sauf que ce film est tellement à la frontière entre un film sur le cinéma, de science, de société sur la question et la mise en garde sur l’inceste, que lorsqu’on va dans une chaîne de télé, on vous dit « non c’est trop science » ; « non c’est trop culture » etc. Au final, personne à la télévision n’arrive à produire un projet hybride comme le nôtre. Après, on se dit que le tournage se fait, que les fouilleurs sont complètement investis, que ce qu’on pense être une histoire sympa devient une quête sans fin de l’origine des contes et récits. Donc à moment donné, on prend conscience qu’il faut faire un 90 minutes, et qu’il faut faire du cinéma. Et enfin, les financements cinéma tombent.

Le fait que le film soit projeté aux RISC, à Marseille, c’est le lieu idéal…

La science, la connaissance, le questionnement social sur l’inceste, la magie du cinéma… tout cela fait qu’il y a quelque chose de naturel à se retrouver sélectionné ici, aux RISC. Ça fait partie de ces festivals où la science est là et où on est invité, par la science, à revisiter un sujet : l’inceste, l’archéologie.

Vous connaissez l’actualité des Variétés… vous avez le sentiment de participer au soutien et à l’élan autour de ce cinéma, qui est dans une situation encore très fragile ?

Le fait d’être sélectionné ici est une bonne chose pour les deux parties, à la fois pour le cinéma et pour le film. C’est un bonheur collectif de se retrouver dans cet esprit-là, dans cette simplicité.

Dans quel état d’esprit espérez-vous que le spectateur quitte la salle après la projection ?

Ce que j’espère, c’est que les spectateurs aient le sourire. Il y a des moments où on est censé prendre du plaisir. Je regarderai surtout si les gens sortent avec la banane.

Quelle est votre actualité Vincent ?

Je suis producteur et réalisateur de films documentaires. Un film en appelle généralement un autre. Je suis très heureux que Pierre Oscar m’ait proposé de produire son prochain long-métrage documentaire cinéma. Mais je préfère garder l’objet secret encore (rires).

Alexandre BOERO

C.P. Peau d’Ame – Patrice Latron. Look at sciences

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